Le cinéma français : vue d’ailleurs. Clap 2/4

Le 7ème art made in France ? Loin des clichés et autres idées reçues, que pensent vraiment les prodfessionnels étrangers de notre cinéma national ? Nous avons donné la parole à quatre journalistes venus de quatre pays différents, tous jurys du Prix Lumières. Tour d’horizons de leurs points de vue sur la production hexagonale. Clap ! 2/4

Christian Rioux, QUEBEC, Journaliste généraliste, ancien Président du Prix Lumières

« Le cinéma français est pour moi absolument essentiel. Pour commencer, c’est le seul à subsister dans le monde face aux productions américaines. J’ai vécu un an aux Etats-Unis où je ne pouvais voir que des films US hormis, parfois, dans quelques salles, des films français justement. Je trouve que vous ne vous rendez pas forcément compte de la qualité de votre cinéma. Il est extrêmement diversifié : il y a des films d’auteur, évidemment, mais aussi des oeuvres grand public de très bonne qualité. La france produit aussi des dessins-animés, ce qui est très rare.

Les films français sont différents, plus attentifs aux détails, il y a un rythme plus lent et une vraie reflexion. C’est aussi un cinéma très jeune qui se renouvelle sans cesse et qui ne se cantonne pas à une époque.

En trois mots :  « Essentiel. Différent. Original. »

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Le cinéma français : vue d’ailleurs. Clap ! 1/4

Le 7ème art made in France ? Loin des clichés et autres idées reçues, que pensent vraiment les prodfessionnels étrangers de notre cinéma national ? Nous avons donné la parole à quatre journalistes venus de quatre pays différents, tous jurys du Prix Lumières. Tour d’horizons de leurs points de vue sur la production hexagonale. Clap ! 1/4

Gidéon Kouts, ISRAEL, Journaliste généraliste, ancien Président de l’Association de la Presse Etrangère

« Pour moi, ce qui différencie le cinéma français des autres pays, c’est l’Art. Dans les films américains qui sont les plus représentés dans le monde, le mot  « art«  a été un mot interdit jusque récemment. A Hollywood, le cinéma doit avant tout être un divertissement. Pour moi, c’est cette dimension artistique qui fait la particularité de la France, même si je trouve qu’ils en font parfois un peu trop. »

En trois mots : « C’est beaucoup trop difficile de résumer votre cinéma en trois mots ! Je dirai « excellent, mais peut mieux faire !«  »

Le prix panthère

photoGare à vous, une quinzaine de panthères se tapissent dans les recoins de l’espace Pierre Cardin. N’ayez crainte, elles ne mordent pas. Le félin en statuette de plâtre-marbre sera entre les mains des lauréats du prix Lumière : un trophée tout en grâce, en élégance et en finesse. Agrippé sur un L, le L de « lumière », cet animal représente bien, pour sa sculptrice Joëlle Bellet,  l’esprit du septième art : une bête qui sort de l’ombre « de l’anonymat » pour venir briller « sous les projecteurs », à l’image des nominés de la cérémonie. « J’adore les panthères, j’ai moi même quatre chats à la maison » nous confie-t-elle. « Un travail de longue haleine a été nécessaire entre le moulage, le patinage et le vernissage  » poursuit l’artiste également infographiste dans le domaine du parfum. Cette année encore Grazyna Arata, la présidente de la cérémonie, renouvelle sa confiance envers celle qu’elle considère aussi comme une grande amie. Les deux femmes se connaissent depuis une dizaine d’années. Toutes griffes dehors, la compétition commencera le 20 janvier. Grrr, vous allez rugir de plaisir.

Julien S.

Les lumières de Grazyna Arata

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« Je trouve que le cinéma français a une belle vitalité artistique, intellectuelle et sociale. » Grazyna Arata, présidente de l’Académie des Lumières

Journaliste critique de cinéma, d’origine polonaise, installée en France depuis 1982, Grazyna Arata préside aujourd’hui l’Académie des Lumières, fondée en 1995 par le producteur Daniel Toscan du Plantier et le journaliste américain Edward Behr. La dirigeante actuelle partage avec nous son expérience et l’histoire de l’Académie, à l’occasion de la dix-neuvième Cérémonie des Prix, le 20 janvier, surnommé les « Golden Globes » à la Française.

Quelle est la vocation initiale de l’Académie des lumières et comment a-t-elle évolué ?

Les Lumières servent à récompenser la richesse du cinéma français selon le point de vue de journalistes étrangers. En gros, notre compétition fonctionne comme les Golden Globes aux USA. Les films sont répartis en catégories et les membres du jury choisissent le meilleur de chacune d’entre elle. Nous fonctionnons d’une manière indépendante de l’Unifrance avec des partenaires de notre choix depuis 13 ans (organisation de l’événement mené par
les bénévoles). On s’appuie depuis toujours sur le réseau des journalistes réunis au sein de l’Association de la Presse Etrangère qui est le partenanire
d’origine des Lumières. Ce sont également des journalistes qui ne font pas partie de l’APE.

En tant que présidente quel est votre rôle au sein du comité?
Mon rôle principal est de répartir par catégories les films choisis par le Syndicat Français de la Critique du Cinéma (SFCC), puis de transmettre aux membres de jury la liste de cette sélection pour la Cérémonie. Une autre de mes responsabilités est d’organiser en amont l’événement et de veiller à son bon déroulement.

Qui sont les membres du jury et comment votent-ils?
Les membres du jury sont des journalistes étrangers en poste à Paris, qui n’exercent pas uniquement dans le milieu culturel. Je leur transmets la liste des films de la SFCC par mail, et au bout de deux semaines, ils doivent me rendre leur sélection définitive. Ce choix sera donc la liste finale des films présentés à la Cérémonie.

Quelles sont les différentes catégories de film?
Ce sont les mêmes que pour le Festival de Cannes. A une différence près : nous avons enlevé la catégorie du meilleur film étranger pour la remplacer par les Rencontres Francophone depuis l’année dernière. Une autre de nos nouveautés, cette année, est la catégorie du meilleur premier film.

Parvenez-vous à intégrer le cinéma d’auteur dans votre sélection?
Tout à fait et c’est bien normal puisque nous sommes conseillés par le syndicats de la critique. Et puis on essaye toujours de trouver un équilibre entre film à grand public et cinéma d’auteur. On a par ailleurs été les premiers à récompenser «Intouchable» il y a quelque années. La reconnaissance que l’on lui reconnaît à l’internationale prouve que nous avons eu raison.

Votre préférence parmi les films nominés?
Malgré ce que l’on peut dire de cette année, le cinéma Français regorge de films intéressant qui mériteraient de se retrouver dans la catégorie des meilleurs films. Je n’ai de se fait,pas de préférence .Beaucoup de films n’ont pas trouvé leur public et c’est dommage. Je trouve que le cinéma français a une belle vitalité artistique, intellectuelle et sociale. Dans peu de pays, on retrouve une telle qualité et le but des Lumières est justement de lui rendre hommage.